Certains d'entre vous se souviennent sans doute de l'annonce de mon départ en Guinée, il y a presque trois ans, comme une rechute d'une vicieuse maladie virale qui s'était pourtant déclarée sur le tard. Notez que je n'avais absolument aucun traitement, que je méritais donc pleinement mon sort. Plus encore, à l'époque, je me complaisais dans cette affection, je choupinais mon petit crabe intérieur, je revendais sans complexe mon âme au vil diable voyageur de mon subconscient...
Depuis novembre, je suis en quelque sort en convalescence, en rééducation après deux poussées de fièvre de longue durée. Rééducation voulue et assumée,
j'insiste là-dessus, issue d'une volonté bien réelle de revenir à autre chose.
Mais le virus rôde toujours. Il rampe, il s'accroche, il s'incruste, il s'impose, il s'installe. Il sommeille parfois, au creux d'un neurone ou d'une cellule musculaire, pour mieux réenvahir le corps au moindre stimulus imprévu. J'ai pu constater, depuis mon retour, combien il était difficile de se débarrasser de cette belle infection du coeur et de l'esprit. Encore faut-il vraiment vouloir la combattre. Les antibiotiques sont chers et les effets secondaires encore méconnus...
Toujours est-il qu'au détour d'une photo des parfums resurgissent, que le message d'un ami encore là-bas détournent quelques pensées de trop de leur objectif initial. Un oeil bridé, de longs cheveux noirs, et la température remonte. Et le rythme cardiaque qui accélère aux quelques notes d'un Tiken ou d'un Salif...
En résumé, la guérison n'est pas pour demain.
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Barjavel - Le voyageur imprudent
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