Mariage en boîte
Je vous ai pas déjà dit que tout était possible dans ce diable de pays? Qu'il fallait sans arrêt s'attendre au plus surprenant ou au plus insolite? Telle la réparation d'un radiateur à l'œuf cru et à la banane dont je parlais l'autre jour…
La soirée avait pourtant commencé normalement : apéro à la maison, match Suisse-France (ah, bravo les Gaulois, bravo), dîner à la Nouvelle Guinguette et digestif à la Croix Rouge. C'était sans compter la soirée un peu… inhabituelle au Nimba.
On arrive, un peu faits, rien de plus normal. On paye nos billets, les filles font les yeux doux ou les habituées pour rentrer gratos. Bref, tout s'enchaîne comme prévu. Et puis on entre.
Et là, respect. Silence. Les mariés, le parrain et la marraine au centre. Un gros gâteau au milieu. Deux gars avec des projecteurs bricolés et des caméras. Quelques bonnes sœurs dans l'assistance. Et puis le maître de cérémonie, au micro, qui officie, et qui n'en finit plus de compter jusqu'à 4, le salopiaud, pour lancer la découpe du gâteau. "3,99,95,5,9!" (je n'invente pas les virgules). Avant ça, les 4 au milieu s'étaient échangé les couteaux, manière traditionnelle d'exprimer la lutte du couple contre l'adversité.
Mais qu'est-ce qu'on fout là, nous?
Mi-curieux, mi-amusés pour certains, franchement agacés pour d'autres. La musique finit par revenir.
Et je garderai toujours cette image, symbole baroque de cette soirée un peu moins ordinaire que les autres : le petit déhanchement de cette bonne sœur, une assiette à la main, au son d'un rythme guinéen.