Ballade en mangrove
Hier, Nicole, cofondatrice de Tafory, m’a amené au port de Dubréka, la sous-préfecture d’à côté, pour profiter de l’arrivée des pêcheurs sur la jetée. Des centaines de poissons s’y bousculent. La visite s’est suivie d’un petit passage éclair dans un élevage de caïmans (selon les locaux, je dirais plutôt des alligators, vu la gueule), juste à côté. Dans les 3 m, les bestiaux, mais beaucoup moins agressifs que leur propriétaire, qui voulait faire passer le prix de 3 à 20.000 FG (4€) pour la visite et les photos. Nous finîmes pas une courte ballade sur le pont ferroviaire au dessus de la Soumba, la seule voie ferrée encore fonctionnelle du pays, vers les mines de bauxite.

Aujourd’hui, c’est avec Nabisco, son mari, que je me ballade. Nous sommes au village natal de sa maman. Motif : trouver un piroguier, qui nous baladera dans la mangrove toute proche.
Après quelques palabres, quelques milliers de francs bien placés, un trajet à trois sur la moto à travers la plantation de palmiers du Président (qui doit bien faire dans les 200 ha, à vue de nez), nous voici assis dans un tronc d’arbre évidé, sous les palétuviers. Racines plongeantes innombrables, comme une jungle aquatique. Des périophtalmes s’enfuient à toutes pattes. Arrivés sur le bras de mer, l’ambiance change brusquement : nous somme sur un large fleuve. Nous y croisons des coupeurs de bois, stockant leurs branches sur plusieurs mètres de haut en attendant la barge qui mènera la marchandise à Conakry.
Le courant, plutôt calme au départ, nous oblige à remonter au bout d’un demi-heure. Marée descendante. En 45 minutes, l’eau était descendue d’au moins 60 cm.