Briques à l'abandon
J’ai souvent évoqué le délabrement économique et structurel du pays. Triste constat de la gestion déplorable d’une nation pourtant riche en ressources agricoles et minières. Mais, malgré ça, le pays croît, la population s’étend et de nouveaux quartiers apparaissent. Les villes grandissent, inexorablement.
La vitesse de construction à N’Zérékoré est impressionnante. Certains quartiers étaient encore des champs il y a quelques années. Aujourd’hui, des chantiers, à perte de vue.
Situation économique oblige, les Guinéens n’ont souvent d’autre choix que de procéder par petites étapes : achat de tôles, confection des fondations, puis des murs, pose des charpentes, des tôles puis des fenêtres et des portes, crépis en fin de compte. A chaque étape son investissement, entre chaque étape sa période, indéfinie, d’épargne et/ou de remboursement des dettes. Et, au détour d’un sentier, des fondations sans mur, des murs sans toit. Des chantiers avortés, stoppés dans leur élan depuis plusieurs années, envahis par les herbes, pas encore ruines mais à l’aube de la décrépitude, en attente d’un renflouement hypothétique des caisses de leur propriétaire.