Passeporipéties
Le Mali ! Je viens de retrouver Rachel et Hélène à côté de la cathédrale. Aaah, la douche, la tranche de saucisse fumée et la bière réparatrices !
Mais que d’incertitudes administratives pour en arriver là... Rappel des faits passés et à venir :
8 mai : décision de partir rejoindre les filles sur place, en taxi. Problèmes :
1. mon passeport est à Conakry, à l’abri dans le coffre de l’AFVP. Rappel : Conakry est à 24 heures de route de N’Zérékoré.
2. mes visas guinéens sont valables jusqu’au 23 mai, soit en plein milieu de la semaine de vacances.
3. je n’ai pas de visa malien.
11 mai : j’envoie à l’AFVP deux photos et la photocopie de mes anciens papiers (pour les papiers guinéens) par le vol du Programme Alimentaire Mondial*, ainsi que les coordonnées d’un contact qui peut faire faire le visa malien. Objectif : récupérer le passeport avec tout dedans le lundi 15, par un copain qui revient à N’Zérékoré en avion (son départ est prévu à 9h00 du matin).
*Nous avons accès occasionnellement au vol (gratuitement) et pouvons faire passer des courriers à Conakry.
12 mai : Le passeport n’a changé de main qu’à 13 heures ce jour. Ambassade du Mali fermée. Impossible avant lundi. Mon contact dit pouvoir faire le visa à la première heure et le filer au pote qui prend l’avion dans la foulée.
16 mai, départ dans 3 jours. En brousse depuis hier, je récupère mon passeport aujourd’hui… mais sans visa malien. Depuis peu, il faut deux photos et le contact n’était pas au courant. Mais ils lui ont dit, à l’ambassade, que pas de problème, on pouvait s’arranger avec les douaniers à la frontière.
20 mai, la frontière. Peu arrangeants, les douaniers : 18.000 CFA (27 euros) d’amende pour absence de visa. Et toujours pas de visa. Un tampon d’entrée et le reçu du PV. Obligation de passer à l’immigration à Bamako…
En passant, j'ai découvert un nouveau petit boulot : vendre des faux carnets de vaccination. Ca se passe à Siguiri, dernière ville avant la frontière. Tu donnes ton passeport et 1 euro, et 10 minutes plus tard tu as ton beau carnet jaune, avec une signature et un tampon bidon pour la fièvre jaune et la méningite. Pour l'occase, je trouve que ça valait le coup d'oublier mon vrai carnet à la maison…
21 mai : départ pour le pays Dogon, retour prévu le 26. Le visa attendra.
26 mai, 8h30. Nous logeons à la mission catholique de Bamako. Je m’apprête à régulariser ma situation, et je rencontre le Père Yvonnic et lui explique la situation. Il me conseille de passer par les services de Sœur Augustine, la "sœur voyage" de la mission. Pas de problème, me dit-elle, je me charge de tout, vous aurez votre visa avant midi.
26 mai, 13h30. Toujours pas de visa. Les filles et Boudjan, l'animateur du projet, attendent avec moi depuis le matin pour partir à Yanfolila. Je leur dis de partir devant, je les rejoindrai demain.
26 mai, 16h30. Bien m'en a pris, je visa de récupérer mon visa. 15.000 CFA de plus. Un comble : je devais fournir deux photos pour le dossier. J'ai fourni deux photos. Et en fin de compte, sur le visa… le scan de ma photo de passeport. En gros, depuis le début (sans débattre sur l'intérêt de mettre un photo sur un visa), le visa aurait pu être fait à Conakry.
30 mai. "Frontière" malio-guinéenne, Niantanina. Encore la brousse, un manguier, un terrain de foot, et 2 militaires… guinéens. Pas vu de Maliens depuis le départ de Yanfolila. Rappelez-moi pourquoi j'ai voulu faire des papiers maliens, déjà?