Gadin du guide dogon
Le pays dogon, passage obligé de tout touriste au Mali qui se respecte. "Ce dernier est en effet, de par l'architecture originale de ses villages, […] sa culture fascinante dont les traditions séculaires perdurent, le principal site touristique du pays". Et c'est pas moi qui le dit, c'est le Petit Futé. C'est dire.
Ses falaises surplombant la savane, ses anciens villages troglodytes, son artisanat. Un endroit inoubliable, paraît-il, et nous le vérifierons par la suite.
Particularité importante ¨dans le pays dogon vivent… les Dogons. Et les Dogons, semble-t-il, s'expriment dans une langue bien à eux : le dogon. Beaucoup de Maliens, pas Dogons même de loin, ne parlent pas dogon pour un sou.
D'où l'intérêt, quand on veut visiter le pays du même nom, d'être accompagné par un guide dogon, vous me suivez ?
Quand on arrive au Mali, allez comprendre, tous les blancs sont tout de suite catalogués comme touristes. Et, compte tenu de l'intérêt touristique du pays cité précédemment, il est très facile de rencontrer de nombreux pseudo-guides se présentant comme Dogons, et proposant des tours dans "leur" pays à des prix bien sûr défiant toute concurrence. Déjà l'autre soir, à peine débarqué sur le sol malien, qu'un type à l'air bourré me proposait ses services. Merci, je viens pas pour ça, j'ai dit.
Les filles, qui sont à Bamako depuis quelques jours, ont rencontré quelques personnes sur place (dont le propriétaire du bar de samedi soir), qui connaissent (bien entendu) d'authentiques guides dogons. Un d'entre eux, Sédou, vraiment Dogon pour le coup, nous a été présenté hier matin, avant de partir. Discussion, négociation. On avait fait les choses bien, pourtant : le prix négocié, un tour de 4 jours détaillé, le tout reporté sur un petit contrat en double exemplaire improvisé pour l'occasion. Tout clean, en apparence. Tout bien préparé, tout ça, pour éviter les mauvaises surprises.
Donc, on arrive avec lui à Mopti. Déjà, après une journée de bus en sa compagnie, la confiance n'est pas là. Il comprend peu le français et semble avoir assez peu d'expérience dans le travail de guide. Il nous trouve un taxi pour Bandiagara, puis un deuxième pour commencer le trip, au dessus des falaises. Et là, dans le deuxième taxi, il nous demande une avance de 30.000 CFA (300 FF) pour les frais. L'ennui, c'est qu'à Bamako nous lui avions déjà payé la même somme et que le total du contrat était de… 60.000 CFA. Malaise. Discussions, montées de ton, engueulades, on a finit par comprendre… qu'on ne s'était pas compris. Et que le prix négocié par personne et pour tout le tour, était, pour lui, le prix par jour et par personne. Malgré le contrat, où tout était écrit noir sur blanc.
Demi tour, retour à Bandiagara. Sédou menaçait de nous emmener à la police, nous étions prêts, le contrat parlait pour nous. En fin de compte, l'affaire s'est réglée avec l'Association des Guides de Bandiagara, qui nous ont donné raison. Heureusement pour nous, peut-être, puisque rien ne nous garantit que la police aurait été si complaisante. En même temps, c'était aussi l'occasion pour les guides de récupérer des clients... Bref, dans l'histoire, Sédou a gagné un aller-retour à Bandiagara et perdu une journée, et nous avons perdu 45.000 CFA (en comptant le dernier taxi).
A toute merde son bon côté : notre nouveau guide, Sibiri, sera une perle…