L.G.
Crépuscule, le village s'endort. Quelques cris lointains percent l'obscurité silencieuse de la nuit. Les villageois, insouciants, se laissent glisser dans la douce parenthèse du sommeil, ignorants du drame à venir.
Une petite fille se réveille. Curieuse et vive, elle aime sortir la nuit observer les étoiles et écouter les trilles des rossignols. Elle aime surtout assister, voyeuse innocente, aux disputes, aux colères, aux joies, aux prières et aux larmes de ses voisins. Découvrir la vie en y jetant un coup d'œil par la fenêtre.
Mais ce soir…
Ce soir, la bête s'est réveillée. Elle a frappé. Sans doute frappera-t-elle encore. Et la petite fille l'a vue. Mais qui la croira? Les villageois? La sorcière qui l'effraie tant? Le chasseur, peut-être? La petite fille a peur. Si elle parle, le loup-garou viendra peut-être la prendre la nuit prochaine. Mais si elle ne parle pas?
Le jour se lève, la victime manque à l'appel. Le loup-garou est parmi nous, les suspicions, le doute, s'installent. Lui, là, n'a pas son naturel habituel. Sa voisine, elle, semble nerveuse. Elle se défend, outrée, d'avoir tué cette nuit. Lui joue l'innocence, l'indifférence. Qui croire? A moins que ce ne soit lui, là-bas, dans son coin, qui ne dit mot depuis le lever du soleil?
…
Soirée "Loup-Garou à N'Zérékoré.