Communautarismes

Publié le par Sylvain

On fustige souvent les étrangers résidant en France pour leur "manque d'intégration", leur propension à se regrouper autour d'une culture, d'une langue ou d'un pays, au mépris de "nos" traditions, de "notre" culture… Critique facile, tellement facile, qui couvre du terne voile nationaliste notre incapacité congénitale (et je parle pour l'humanité en général) à accepter la différence de l'autre.

Mais quoi de plus normal, au fond, de trouver du confort à recréer un environnement semblable à celui dans lequel on a grandit? Quoi de plus naturel que de rechercher des points communs chez les personnes autour de nous? Nous, Français, Européens, "Occidentaux", avons du mal à accepter que les autres ne puissent pas vivre totalement comme nous, mais une fois à l'étranger, reproduisons exactement les mêmes comportements.

Je vis en Guinée, mais je passe l'essentiel de mon temps libre avec des Européens. Et je l'assume complètement. Pourquoi? Parce que j'en ai besoin. Parce que je pourrais jamais vivre comme un Guinéen. Parce que mes besoins intellectuels, sociaux ou même culinaires sont trop profondément ancrés en moi. Parce que j'ai besoin de rire des mêmes choses, de partager des souvenirs communs, de me confier, d'apprécier un bon plat, de pousser des coups de gueule… avec des gens qui me comprennent. Un professeur de bio avait une fois fait la distinction entre adaptation, qui englobe les modifications d'une espèce au fil des générations en fonction des nouvelles contraintes, et l'acclimatation, qui concerne des individus à proprement parler qui doivent s'accommoder de ces contraintes pour survivre mais ne seront pas forcément adaptés pour autant. Je crois que c'est un peu la même chose avec l'expatriation.

Le plus important, à mon sens, est d'avoir toujours la curiosité de s'extraire de cette communauté, l'envie de découvrir et de partager, justement, avec les autres communautés qui nous entourent. La communauté est un refuge, pas une réserve ou une prison. Ainsi, j'ai quelques amis guinéens avec qui je suis souvent, avec qui je discute, je rigole et j'échange. Et réciproquement. Je prends plaisir à manger du riz sauce plusieurs fois par semaine, à dormir en brousse, à boire un coup dans les petits bars du quartier, parler un peu guerzé et à rigoler avec nos gardiens. Et je respecte, du mieux que je peux je l'espère, les règles de vie de ce pays qui n'est pas le mien…

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Publié dans Guinée divers

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R
Boarf, tu sais bien comme il est, hein ? Parler Guerzé, ca veut dire "savoir commander une bière"...
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S
Tu oublies le vin de raphia aussi, hein. Sans blague, je sais dire 2-3 trucs maintenant. Du genre, 'ça va?', 'le vin est doux' ou 'jolie fille'. On se refait pas hein.
L
Ouais, c'est ça, parler Guerzé, mon oeil... J'croyais qu't'avais abandonné !
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