De la mesure du développement

Publié le par Sylvain

Aujourd’hui débute la mission de formation des stagiaires malgaches et guinéens. Nous devons, en théorie, prendre la voiture à 8 personnes + chauffeur et bagages pour nous rendre à Nzérékoré, à 1000 km de là, en faisant deux arrêts : Mamou et Macenta.

Ce matin, nous assistons à une conférence d’une « chercheuse » sur le thème : « Mesure d’impact d’un projet de développement ». Large thème, débat passionnant et ô combien d’actualité dans ce monde quelque peu obscur qu’est la solidarité internationale, alors que les approches de développement ont beaucoup évolué ces dernières années.

Nombre d’évaluation de projets se font sur la base d’une comparaison [Après – Avant],  ce qui est de loin l’approche la plus simple (les deux situations sont connues et donc facile à comparer).

Néanmoins, ce type de calcul est biaisée, car elle sous-entend que la zone ou la population bénéficiaire n’aurait pas du tout évolué sans l’intervention du projet. Héritage de l’attitude condescendante du colonialisme : « sans nous, ces sociétés seraient au point mort », ce qui est bien entendu faux, mais pas forcément facile à admettre.

Tout l’intérêt de cette démarche de recherche consiste donc à estimer l’évolution « naturelle » qu’aurait suivi la population en question sans projet afin, au final, de calculer un différentiel [Avec – Sans] à long terme (sur 10 ou 15 ans, par exemple, en tachant de mesure les effets résiduels du projet même après son terme)

Bien entendu, cette évolution théorique reste très difficile à évaluer. Comment savoir à quel niveau de développement serait le village, la zone, si le projet n’avait pas eu lieu ? Plusieurs solutions, plus ou moins possible selon le projet : comparer avec un village ressemblant aux niveau démographique, géographique et agricole, suffisamment éloigné du premier pour ne pas avoir été, même indirectement, influencé par le projet. Ou tenter d’estimer l’évolution de cette population par d’autre moyens… Cette approche est donc approximative au niveau des chiffres, mais a priori bien plus proche de la réalité.

 

Le gros enjeu de ce travail en est l’application simplifiée pour les projets existants (sachant que la réflexion peut se faire aussi en cours ou avant un projet). Limite malheureusement très humaine : cette approche demande un minimum d’honnêteté intellectuelle et d’éthique, sachant que les résultats [Après – Avant] sont généralement « meilleurs » (et pour cause !) et bien plus vendables à des bailleurs de fonds…

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Publié dans Guinée divers

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R
Ca d'vait être intéressant, ça !<br /> C'est possible aussi de faire une approche sur du plus long terme? je m'explique: regarder des "avant" à 1, 2, 5, 10, 20 ans... évaluer l'évolution du développement, son rythme et voir l'impact du projet sur cette évolution.<br /> Y a-t-il un recul suffisant dans ce genre de projets? hein? dis?
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