Changement?
Je constate que beaucoup d'entre vous suivent de près ou de loin les actualités guinéennes et sont donc au courant des derniers évènements du pays. Devant l'inéluctable diffusion des informations parcellaires et de préférence morbides et apocalyptiques, je rompts le silence plus ou moins forcé des deux dernières semaines. Pour dire que je vais bien, déjà.
Grève générale, donc. Illimitée, aussi. Le principe n'est pas nouveau et déjà trois ou quatre ont fait chou blanc (blanc cassé, plutôt) depuis mon arrivée. Plus quelques mouvements régionaux à la saison des pluies passées, N'Zérékoré étant alors coupée du monde. Un mouvement de fond, lancé par les syndicats, relancé par la société civile et soutenue par les partis d'opposition. L'expression d'un ras-le-bol général, d'une volonté de changement.
Donc, depuis deux semaines, c'est des gens dans la rue, un peu partout dans le pays. Pas tous les jours, les manifs sont différentes selon les villes. N'Zérékoré, c'était samedi dernier. En face, l'armée, tout en douceur comme à son habitude. Et nous, expatriés, planqués dans un coin en attendant que ça se passe.
C'est notre quotidien actuel, l'attente. Informations fraiches tous les matins (Radio France Internationale, Téléphone, Radio, Internet si possible), à rester à la maison en cas de doute, à rester au bureau le reste du temps. Dans tous les cas, pas de terrain, on ne sort pas de la ville. Et on tue le temps avec les moyens du bord. Pour ma part, j'en suis à mon 2e Harry Potter en 5 jours, et j'ai retrouvé un bon niveau en ping-pong grâce aux entraînements presque quotidiens chez des copains humanitaires. Bref, le mal en patience est pris... La sécurité est là. En attendant une Guinée... meilleure.