Circulation, poussière, et feuilles de soin
Il fait un peu la gueule, notre tout frais forestier. Pas prévu, ce retour anticipé à Conakry. Il commençait à se sentir bien, là-bas, un peu loin de tout ! Mais voilà, la santé passe avant tout.
Un truc dans la gorge le gène depuis deux semaines. Un peu comme une pilule qui ne passe pas, et une pilule, en deux semaines, cest censé passer, non ?
Sa première étape, hier en arrivant, directement à la sortie de lavion, fut de passer chez le médecin. Médecin qui, faute danesthésiant, lenvoie le lendemain matin chez un ORL du coin.
Le lendemain, gorge endormie, un miroir un peu intrusif qui ne lui fait plus chaud ni froid, des yeux experts analysant les informations visuelles renvoyées par la lumière de la lampe frontale
Le verdict, dur, implacable, tombe : Epiglottite ! Et merde, une épiglottite. Merde merde merde merde merde Et Epiglottiques sans Frontières qui reste à inventer !
Au fait, cest quoi une épiglottite ? Hein, quoi ? Une petite inflammation de lépiglotte ? Rien de grave ? Ah bon ?
Bon, reste à aller chercher les médicaments, quoi.
Un peu déçu de ne pas avoir nu truc totalement inédit, genre à qui il aurait pu donner son nom, le syndrome H quoi. Non, une vulgaire épiglottite. Ya des jours comme ça, hein ?
Mais cest pas tout ça, il faut quil retourne voir le médecin, faire une radio des sinus, passer à la pharmacie. Tout ça à pied, en taxi. 4 heures
Quà cela ne tienne ! Puisquil a perdu sa matinée dans les méandres médicaux conakryka, il perdra son après-midi sur un transat de bois blanc, sous un parasol de tissu bleu, à côté dun bassin deau chlorée, lui-même surplombant une grande étendue deau salée.
Hé, sa maman lui a suffisamment répété quil faut se reposer quand on est convalescent !