Funérailles

Publié le par Sylvain

Village de Komou. Nous sommes, les animateurs du projet et moi, assis sur des bancs. D’autres bancs, disposés en carré autour de cette petite arène temporaire, recouverte de bâches, en plastique, accueillent les nombreux invités masculins et les vieux de la famille. Les femmes sont assises derrière.

Le père de Bgamon, un des animateurs, est mort il y a deux jours. La semaine précédente, Gaston, un autre pisciculteur, nous avait quitté. Point de série noire, comme je l’ai cru un moment. Simplement… le quotidien d’un pays habitué à la mort. Encore un aspect auquel il va falloir s’adapter.

En arrivant ce matin, Henri, qui représente le groupe, a procédé aux salutations collectives d’usage, puis nous avons serré la main à toute l’assistance, hommes et femmes, avant de prendre place.

 

La cérémonie, tout comme les baptêmes et les mariages, est menée par le « neveu » de la famille, à savoir le plus vieux frère de la première femme. Il est, debout au centre de l’arène, chargé des premières éloges et donner la parole aux différents intervenants.

Les animateurs, toujours représentés par Henri, se lèvent et présentent leurs condoléances formelles à la famille, puis procèdent à la répartition des sommes cotisées le matin même : 50.000 FG pour le fils, 10.000 FG pour la femme… en tout 85.000 FG, une belle somme pour la famille, le tout distribué à voix haute devant toute l’assemblée. Le « neveu » appelle les personnes concernées au fur et à mesure.

 

Quelques minutes après le début des discours et des premiers bidons de vin blanc offerts par des familles du village, de la musique se fait entendre. Le petit orchestre traditionnel, composé de deux percussions, d’un meneur qui bat le rythme à la cloche et de 4 cors de bois peints en bleu, chacun jouant une note, se dirige vers nous.

Ils entrent dans le cercle, sans s’arrêter de jouer, et se dirigent vers les anciens. Les 4 joueurs de cor s’accroupissent devant eux, le meneur crie et chante, puis l’orchestre fait progressivement le tour du cercle, en s’accroupissant devant tout le monde. La cérémonie terminée, le meneur du groupe fait de nouveau le tour des invités pour les « remerciements » individuels.

Gaston m’explique qu’en dehors des villages ayant leur propre orchestre, seules les familles riches peuvent se permettre d’en faire un pour les funérailles.

 

1h30 après notre arrivée, me voici sur la route du retour à Nzérékoré. L’enterrement proprement dit est prévu en fin d’après-midi, et les animateurs sont restés au village pour y assister.

Les images de la cérémonie en tête, je dois retourner à mon ordinateur et à mon rapport d’activités.

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Publié dans Guinée divers

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Ton rapport d'activité.. c'est comme ça que tu appelles ton blog?
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