Les gens
S'il fallait une preuve de plus que l'Afrique unique n'existe pas,
En passant, il est assez révélateur de constater que l'amalgame panafricain généralement en vogue dans l'imaginaire collectif occidental est également vérifié dans l'autre sens, les "blancs" tous regroupés dans la grande famille des pays "riches". Encore qu'il me semble que beaucoup d'Africains que j'ai rencontrés ont de la politique européenne et américaine une bien meilleure connaissance que nous autres européens sur les dirigeants et systèmes africains. Mais là, je spécule.
Les Léonais, donc. Anglophones, déjà, avec en plus de l'anglais un dialecte apparenté, le créole, incompréhensible en dehors d'un mot sur dix pour la plupart des non initiés. Frontalier à
Et c'est là, à mon sens, que ce peuple est le plus surprenant : tous ont connu la guerre plus ou moins proche, la plupart ont perdu un ou plusieurs parents ou ont dû s'exiler en Guinée, mais tous ceux que nous avons rencontrés parlent du conflit avec une aisance et un recul impressionnants. Comme si un immense effort collectif de conjuration du sort avait été entrepris, le sujet est tout sauf tabou. A aucun moment quelqu'un n'a refusé de transmettre son expérience.
Ajoutez à ça des sourires dans tous les sens, une bonne humeur et une simplicité que l'on retrouve moins en Guinée, plus fébrile à mon sens. En tout cas à Conakry, comparée à Freetown.
Pour relativiser, les sollicitations des vendeurs sont les mêmes voire plus insistants qu'ailleurs, tourisme oblige, et tous les gens rencontrés n'étaient pas forcément sympathiques, serviables et débonnaires. Ensuite, nous sommes restés sur la côte et dans la capitale, LA zone à touristes du pays et peut-être une des moins touchée par la guerre, malgré tout.
Mais dans l'ensemble, j'en suis ressorti avec une grande admiration, et une question en suspend : "ce pays était-il vraiment à feu et à sang il y a seulement 8 ans?".