Nouveaux sofas
Aujourd'hui, Caroline (ma chef, je le rappelle) m'a offert un joli cadeau pour mon anniversaire. Bon, c'était déjà il y a un mois mais l'important n'est pas là. Avant, les deux sofas sur ma terrasse n'auraient pas dénoté dans un squat pourri de n'importe quelle ville du monde : plusieurs couches de vieille mousse ratatinée, housses sales et puantes n'ayant, je pense, jamais été lavées, le tout recouvert de draps colorés pas moins crados et repoussants. C'est en tout cas la façon dont Caroline me présentait la chose. Moi, j'étais habitué, hein.
Mais ma chef vénérée, depuis déjà plusieurs mois, m'exhortait à changer le tout afin de redonner à la terrasse une apparence et un attrait supérieurs à celle d'une geôle de l'époque coloniale, et par la même d'éviter de décourager jusqu'à mon meilleur ami de me rendre visite et de me retrouver rejeté, seul et incompris, jusqu'à la fin de ma mission.
Généreuse –et peut-être un peu exaspérée par la couche de crasse graisseuse sédimentée sur le "tissu" incriminé- elle a finit par prendre les devants : quatre pans de mousse neuve ornés de beaux indigos du Fouta Djalon sont désormais l'attraction de tout le quartier. Au moins. C'est dire si je suis fier.

