Génie
Vous vous souvenez, étant gamins, avoir fantasmé sur le Génie de la lampe? Vous savez, celui qui exhauce trois voeux? Celui qui donne accès à tous vos désirs les plus refoulés, les plus utopiques. Qui n'a pas rêvé de ça un jour?
J'ai toujours été fasciné par ce mythe, et par la question inéluctablement associée au détour d'une rêverie : "Et qu'est-ce que je demanderais?"
Mais ce qui m'interroge le plus, c'est ce point commun à toutes les histoires de voeux: quelqu'il soit, le "souhaiteur" demande quelquechose (ou quelqu'un) qu'il ne possède pas, qu'il ne pense pas pouvoir posséder un jour et qui va, selon lui, le rendre heureux. Car c'est bien de ça qu'il s'agit, non? Etre heureux. Et l'homme étant ce qu'il est, le voeux devient le plus souvent le soulagement d'un besoin immédiat, la satisfaction à coup sûr éprouvée sur le coup étant garante du bonheur futur... Argent, pouvoir, amour de sa vie...
Mais pourquoi ne pas souhaiter d'être heureux, tout bêtement? J'ai beau retourner le problème, c'est le seul voeux sensé (parmi les voeux égoïstes, j'entends) que je puisse trouver. La seule façon de ne pas se tromper...
Au delà du rêve, je trouve que ce mythe et l'imaginaire qui va avec sont très révélateurs de la frustration générale de nos sociétés, du toujours plus, de l'incapacité trop fréquente de se contenter de peu de choses, de ce qu'on possède déjà, et de la conception souvent fausse qu'on a du bonheur.
J'admets que j'enfonce pas mal de portes ouvertes en fustigeant nos envies et complexes matérialistes, et que trop de gens ont de bonnes raisons d'espérer mieux que ce qu'ils ont aujourd'hui. Mais tant de personnes passent à côté de tellement de petits plaisirs tout simples...
Tenez, ce matin, j'ai rencontré une petite rainette de 2 centimètres sur la table de ma terrasse.
