Peche
Kankoré, village Manon.
Le problème quand on n'a pas d'argent, c'est qu'on doit limiter les dépenses (limpide réflexion, je me demande où je vais chercher tout ça…). Et quand le terrain représente une bonne partie des dépenses, je vous le donne en mille: on va moins sur le terrain!
C'est dire que nous sommes particulièrement heureux, Carine et moi, de sortir de Nzérékoré, surtout après une semaine de rangements et de classements en tout genre dans notre bureau un peu glauque. Une bonne journée.
Kankoré compte quelques pisciculteurs installés assez récemment: les premiers empoissonnements datent de fin 2004. Et aujourd'hui, un petit évènement: la première pêche d'un des producteurs, Kéoulen. Il a empoissonné son étang il y a 8 mois environ et devrait aujourd'hui, si tout va bien, récupérer suffisamment d'alevins de Tilapia pour lancer véritablement ses cycles de production.
Nous passons la journée sur son site. Il fait beau, ça tombe bien. Ce qui est chouette, c'est la présence de tous les pisciculteurs du village, ce qui nous permet de faire un point précis de leurs installations en attendant la vidange de l'étang, qui prend du temps. C'était d'ailleurs assez rigolo de citer à voix haute les noms de plein d'anciens candidats (certains depuis 2001), et d'entendre les gens présents répondre en cœur "Awëlë!" (abandon) en rigolant…
Et voilà la pêche. Tout le monde se met au travail: une partie des pisciculteurs et leurs femmes dans l'étang, filets traditionnels, seaux et bassines, pour la pêche proprement dite; Gaston, l'animateur, sur la digue pour trier et sexer les poissons avant de les stocker dans l'étang de service, nouvellement en eau; Prosper, notre interprète du jour, à comptabiliser le tout sur papier; et nous, les petits blancs blonds, à successivement aider à remplir les bassines, tenir un bébé de deux mois pendant que sa mère est dans l'étang, puis finalement confier le gamin à sa grande sœur, enlever nos bottes et plonger gaiement dans la boue pour récupérer le maximum de poissons.
Résultats du jour: 250 Tilapias mâles (160 étaient nécessaires pour rempoissonner le barrage), 1500 alevins (pour 800 souhaités) et quelques silures en prime. Kéoulen était ravi.
Oui, ce fut décidément une bonne journée.