Noël loin
C’est mon quatrième Noël d’affilée loin de ma famille. La première fois a été la plus bizarre. Et à chaque fois, les années suivantes, un petit pincement au cœur. Non pas que la tristesse m’emporte, pas à ce point là, mais le pincement est toujours là.
Noël n’a jamais représenté les soirées les plus inoubliables de ma vie, pourtant. Toujours un peu la même chose : les chaussures sous la crèche, les cérémonies immuables de distribution, les petites touches fumées et norvégiennes, le bon « pâté » du Sud-Ouest…
Mais voilà, Noël, c’est la famille. Les grands-mères, les frangins, les parents, les tatas-tontons, les cousins et les cousines. C’est les histoires, les anecdotes, les engueulades et les réconciliations, les souvenirs, les « quand est-ce que tu nous ramènes une demoiselle ? », les « Moooon mais qu’elle a grandit », les « Vous avez assez mangé ? », les papillotes, les surprises et les déceptions, tout un tas d’ingrédients tout bêtes avec de la bonne bouffe pour lier le tout… Et Noël sans la famille, c’est pas vraiment Noël.
Aujourd’hui, mon quatrième « pas vraiment Noël ». Et je le passe à Sérédou, le lendemain d’une soirée en deux temps terminée chez Médecins sans Frontières, avec un Colombien déguisé en Père Noël.
Sérédou, le fief des éléphants. Dans une grande et ancienne baraque coloniale, sur le flanc d’une colline, les fromagers et bambous face à la terrasse. Pincement ou pas, il fait bon vivre.
Et demain, on se lève à 4h30. Sur les traces des pachydermes…