Gobou Yaza

Publié le par Sylvain

C’était un jeune forestier. A peine 20 ans. Converti au catholicisme en plein pays animiste. Traditions tragiquement ancrées dans les croyances populaires. La peur de la différence, pépinière de l’intolérance et de la violence humaines…

« Renie ta foi !», « Renonce à ce Dieu venu d’ailleurs !». Ils l’avaient suivi au champ, seul. Attaché à un arbre. Et frappé.

Le jeune forestier a refusé. Ils l’ont battu à mort et enterré sous le proche ruisseau. Un martyre. C’était en 1927.

Ne cherchez pas dans les bases du Vatican, il n’y est pas encore. Les procédures sont en cours…

Depuis 33 ans, le site fait l’objet d’un pèlerinage annuel. Plusieurs milliers de pèlerins se déplacent, certains font plusieurs jours de marche.

Ce dimanche, à l’invitation d’un de nos collègues, nous y étions, Caroline, Vincent et moi. A la messe du dimanche, du moins.

Non, point de bigoterie soudaine ni de révélation accidentelle. Curiosité socio-culturelle. Nous sommes avec Henri, le collègue, et Sœur Marie-Laurence, une sœur. La messe a lieu sur le site même, à côté de la souche et de la source. Les pèlerins se font prendre en photo à côté de la souche et récupèrent l’eau (plutôt boueuse) de la source, réputée pour ses vertus miraculeuses.

La messe est accompagnée de chants locaux en plusieurs langues, la chorale de Macenta. Et de danseuses en costumes traditionnels, de Macenta, toujours.

En dehors de ces petits détails exotiques, je dois dire que la messe ressemble presqu’en tout point à une messe de chez nous. En plus long : 4 heures… Dont les 2/3 en langues locales. Une bonne partie de l’assistance a fait la sieste à même le sol.

Nous n’étions donc pas mécontents de quitter le site, vers 15h00, la paix du Christ en bandoulière…
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Publié dans Guinée divers

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