Adaptation
Ca fait quelques jours que je me sens mieux. Plus à ma place, davantage en accord avec ma décision.
Les premiers jours ont été difficiles. A me demander « mais quest-ce que je fais là ? ». A éprouver une grande nostalgie pour la France, les amis, la famille. A me sentir décalé par rapport à cette nouvelle vie où je ne me reconnaissais pas.
Plusieurs éléments dexplication :
-Dune, cette ville grouillante et étouffante quest Conakry, dans laquelle jétais projeté dun coup, dépendant des autres, sans pouvoir minstaller réellement.
-Le fait de ne pas encore travailler, de navoir aucune accroche professionnelle.
-Et surtout, peut-être le plus difficile à gérer, le souvenir encore brûlant du Vietnam, ce Vietnam où jétais comme un poisson dans leau, ce Vietnam que jai encore du mal à ne plus placer en référence par rapport à toutes mes nouvelles découvertes. Un peu comme si je me sentais, pour la première fois, doublement déraciné
Depuis quelques jours, donc, je me sens mieux. Je commence à avoir des repères dans la capitale, par rapport aux autres volontaires et à lAFVP. Et puis le vrai commencement, le vrai départ, celui pour la forêt, qui se faisait attendre et qui est enfin arrivé. Ce soir, bien que crevé par le taxi-brousse, je me couche serein. Je viens de passer laprès-midi avec la mission, à visiter un centre de pisciculture, et je me sens à ma place
Ce boulot sannonce passionnant !