Poissons

Publié le par Sylvain

 Aujourd’hui, petit cours de pisciculture tropicale ! Résumé de l’approche technique du projet…

 

Principe de base : la polyculture. Plusieurs espèces complémentaires sont élevées au sein d’un même étang.

1. Le Tilapia. Sorte de petite carpe, l’espèce de base du système. Objectif : n’élever que des mâles, qui grossissent plus vite, à une densité optimale leur permettant d’atteindre un poids marchand en 6 mois de grossissement.

 

Il s’agit donc de sélectionner les mâles, 3 mois après la reproduction, grâce à une étape nommée sexage.

Tilapia (en haut) et Zilli (en bas). Le Zilli est un cousin sauvage du Tilapia qui envahit souvent les étangs ouverts. On essaie de s'en débarrasser régulièrement, pour permettre aux Tilapia de grossir le mieux possible.

 

2. L’Hémichromis. Petit carnassier, il est utilisé pour bouffer les alevins des Tilapias dans les étangs, sachant qu’il y a toujours des erreurs de sexage et que les Tilapias se reproduisent très vite.

3. L’Hétérotis : gros poisson herbivore, qui peut atteindre 2 à 3 kg. N’entre pas en compétition alimentaire avec les deux autres.

4. Le Silure, également carnivore, mais sur d’autres niches que les Hémichromis. Le Silure, comme l’Hétérotis, est très apprécié.

 

Le modèle, bien suivi, peut permettre de produire de 600 kg à 1 tonne de poissons par hectare et par an, sur un mode extensif (peu ou pas d’intrants).

 

L’approche projet fait la part belle à l’autodéveloppement : les pisciculteurs réalisent à leurs propres frais les aménagements nécessaires, le projet fournissant l’appui technique. L’objectif, pas si facile à réaliser, et que les groupes de producteurs s’approprient collectivement les différentes étapes techniques, afin de pouvoir servir de référence à long terme. Bien évidemment, les évolutions sont très variables selon les zones (nous intervenons sur 24 villages), en fonction de leur ancienneté et surtout de relations entre les membres des groupes…

C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de ce type de projets, qui doivent s’adapter en permanence aux conditions de chaque village.

 

Et moi dans tout ça ? Bonne question. Je n’interviens pas directement au niveau technique, c’est le boulot des animateurs, qui le font très bien. Pas de rôle de coordinateur non plus, ça c’est le chef de projet (toujours pas remplacé à l’heure actuelle, je le rappelle). Bref, je pourrais résumer ma fonction à un appui aux partenaires, ainsi que du suivi-évaluation. A priori, je devrais travailler dans les prochains mois directement avec un ancien animateur maintenant chargé de l’appui à la profession (représentée par l’Association des Pisciculteurs de Guinée Forestière), afin d’améliorer la responsabilisation et l’autonomisation des groupes au sein des villages.

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Publié dans Guinée divers

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