E-pui-sé !
Resituons laffaire : après deux jours de visites de sites en brousse, nous arrivons à Boma, koli petit village à 60 km au nord de Nzérékoré, en fin daprès-midi. Rencontre avec le groupe de pisciculteurs, palabre, attente et bien sûr vin blanc pour accompagner le tout. 1h30 plus tard, il fait nuit, lentrevue se termine par la répartition des logements, non sans sassurer que le vin est bien terminé bien sûr. Ce soir, je dors avec Alphonse, linterprète Guerzé.
Nous suivons donc notre hôte, traversant le village. Il nous laisse environ un quart dheure en tête à tête avec sa mère, puis nous indique le lit, dans son local à riz ! Un seau deau chaude (grand luxe !) nous attend pour la douche, prise à la lueur dune lampe torche avec une vingtaine damis cafards, somme toute assez discrets, ce dont je ne me plains pas
Bref.
Il est environ 8h30, notre logeur nous mène vers le lieu de renez-vous du soir. Chouette, me dis-je naïvement ! On va manger et on va pouvoir se coucher tôt, comme hier ! Ca tombe bien, je suis complètement naze ! Grave erreur
La discussion informelle qui précède le repas durera jusquà 22h30. Entre temps, après mêtre endormi 3 à 4 fois adossé au mur, je décide finalement daller me coucher sans manger. Malheureusement, ne connaissant pas le chemin de notre case, je dois attendre quAlphonse soit moins sollicité par les traductions.
Je trouve finalement une ouverture, et nous retraversons donc le village. Je suis un zombie, les yeux à demi-ouverts, tirant une gueule de 5 km. Je nai pas ouvert la bouche depuis 2 heures. Jai les jambes lourdes. Je nai quune envie : maffaler sur mon lit. Et là, comme si tout avait décidé de me faire ch ce soir, horreur ! La porte est fermée par un cadenas dont nous navons bien évidemment pas la clé ! Aaaaaah, lenvie de tout casser sur le moment !
Et rebelote, re-traversée du village, et nous arrivons pile au moment du repas, doù lobligation de retarder encore un peu le passage au lit pourtant mérité.
23h07. Enfin, la porte est ouverte, le lit me tend les bras. Mais mon petit diable du soir ne sétait pas arrêté en si bon chemin ! Le « matelas » nest que trous et bosses. Nous dormons sur ce qui ressemble à des sacs de riz
Fort heureusement (ma bonne étoile, qui sait ?), la nuit ne sera pas aussi pire que prévue. Courte mais réparatrice, cest lessentiel. Le riz pimenté du matin, accompagné de léternel vin de raphia, sont finalement bien passés